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Un père qui vient à notre rencontre.

2 ème partie

Un père généreux :    

Dieu est aussi généreux par nature. Il n’est ni avare, ni possessif, ni matérialiste. Nous, nous utilisons les gens pour obtenir ou garder des choses (garder : exemple des enfants qui touchent des objets précieux et à qui on oublie de dire "je t’aime", ce qui entraîne l’idée que les choses sont plus importantes que moi), mais Dieu utilise les choses pour nous bénir.

Cela ne veut pas dire que nous devions renoncer à notre confort moderne mais nous devons réaliser que notre concept de la générosité de Dieu a pu être atrophié par nos expériences d’enfants.

La nature de Dieu est d’être généreux. La création montre une profusion de couleurs, une complexité dans les formes et les structures, qui dépasse la simple valeur fonctionnelle. Par exemple, quand sur les hauts sommets des Alpes une minuscule fleur blanche l’edelweiss brille, elle n’a peut-être encore jamais été vue par un regard humain et ne le sera peut-être qu’une fois au cours de ses floraisons, elle n’a aucune part essentielle dans la chaîne alimentaire. Mais elle a été créée par Dieu dans l’espoir qu’un jour l’un d’entre nous puisse être émerveillé et béni par sa beauté. La plus grande preuve de l’amour paternel de Dieu semble se manifester au travers de l’attention qu’il accorde aux petits détails de nos vies. Il nous surprend par des choses inhabituelles, ces petits plaisirs et trésors qui nous ravissent ; et seul un père peut savoir ce que nous désirons.

Un père affectueux :    

Savez-vous à quel point vous êtes attirant(e) pour Dieu ? Un des obstacles les plus importants à notre marche avec lui, est le sentiment que notre chair le révulse à cause du péché.

Quand mon petit garçon est couvert de boue après s’être roulé par terre dans la cour, je le prends dans mes bras et le lave avec le tuyau du jardin. Je rejette la boue, pas mon fils. Oui, vous avez péché. Oui, vous avez brisé le cœur de Dieu. Mais, vous continuez d’être au centre de l’affection de Dieu, d’être la prunelle de ses yeux. C’est lui qui nous cherche avec un cœur prêt à pardonner. Nous disons : « j’ai trouvé le Seigneur ». En fait, c’est lui qui nous a trouvés.
De nombreux enfants, en particulier les garçons, n’ont reçu aucune marque physique d’affection de la part de leur père, ni aucune compassion réelle dans les moments où ils se sont fait mal. Notre fausse conception de la masculinité nous fait souvent dire : « ne pleure pas, fiston. Les garçons ne pleurent pas ! ». Jésus n’est pas comme cela. Sa compassion et sa compréhension sont incommensurables. Il ressent nos blessures plus intensément que nous parce que sa sensibilité à la souffrance est beaucoup plus grande que tout ce que nous pouvons imaginer.

J’ai dû un jour tenir mon fils de deux ans, hurlant de douleur dans mes bras pendant qu’un médecin recousait une large entaille sur son front. Il a rapidement oublié cette expérience douloureuse et s’est endormi dans mes bras. Mais j’ai été tourmenté par cette expérience et en ai été affecté pendant des heures. Vous avez oublié la plupart de vos douleurs, mais pas Dieu. Il a un souvenir absolument précis de tous les moments de votre vie. Vos larmes se mêlent aux siennes en cet instant même.

Dieu était là au moment où vous étiez en butte aux moqueries cruelles de vos camarades de récréation, où vous rentriez seul à la maison pour éviter le regard des autres. Il était là durant vos cours de math, quand vous aviez l’esprit confus et que vous vous sentiez découragé. Quant à l’âge de quatre ans, vous vous êtes perdu dans la foule d’une fête foraine et que vous avez erré, terrifié, au milieu des gens, c’est Dieu qui a touché le cœur de cette dame qui vous a aidé à retrouver votre mère.  « je les ai tirés avec des liens d’humanité, avec des chaînes d’amour » (osée 11/4)

Parfois, nous oublions quel Père prévenant et aimant, Dieu est. Vos parents montrent peut-être fièrement à leurs amis et connaissances des photos et des trophées sportifs de leurs enfants, mais tout cela n’a rien à voir avec l’infinie capacité qu’a Dieu de se réjouir de vos succès ! C’est Dieu qui vous a entendu prononcer vos premiers mots. Les heures que vous avez passé seul(e) à explorer de nouvelles textures avec vos mains de bébé ont été un pur plaisir pour votre Père céleste. Vos rires d’enfants font certainement partie des plus grands trésors de ses souvenirs. Il n’y a jamais eu un autre enfant comme vous et il n’y en aura jamais d’autre.

Moïse a invoqué une bénédiction spéciale sur chacune des tribus d’Israël. Il a dit à l’une de ces tribus : « Tu demeureras entre les épaules de Dieu ». Quelle bénédiction fantastique ! Mais c’est aussi là que vous demeurez. Quelle que soit la personne que vous deviendriez aux yeux des hommes, même un personnage de grande autorité, influent et renommé, vous ne cesserez jamais d’être un bébé dans les bras de Dieu.

Un père attentif et attentionné :  

Il y a un attribut de Dieu que même le meilleur des parents ne peut espérer imiter. Il s’agit de la capacité qu’a Dieu d’être avec vous tout le temps. En tant que parents terrestres, nous ne pouvons accorder une attention de tous les instants à nos enfants, 24 h sur 24. Nous sommes des êtres finis qui ne peuvent se concentrer que sur une chose à la fois. Non seulement Dieu est avec vous tout le temps, mais il vous accorde aussi toute son attention. « Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car il prend soin de vous » (1pierre5/7)

Dieu a constamment un flot ininterrompu de pensées d’amour pour vous, comme si personne d’autre au monde n’existait.

Vous n’avez pas besoin d’attirer son attention ; il est déjà à votre écoute. Ne vous inquiétez pas de savoir si vous lui prenez trop de temps ; de toute façon son temps est à vous. Vos parents ont été souvent préoccupés par leurs activités et parfois n’ont pas manifesté d’intérêt vital pour les petits événements de votre vie, mais Dieu n’est pas comme cela. Il s’intéresse à nous. C’est un Dieu de détails. Pourquoi la Bible dit-elle que Dieu peut compter tous les cheveux de notre tête ? Non pas parce que Dieu se soucie de statistiques abstraites. Ce n’est pas un ordinateur qui recherche toujours davantage d’informations ; c’est simplement parce qu’il essaie de nous dire avec quelle minutie il nous connaît et s’intéresse à nos vies.

Un père qui accepte ses enfants :   

Nous vivons dans une société orientée vers le faire, l’exploit, la réussite. *L’acceptation est toujours conditionnelle. Si tu es sélectionné dans l’équipe de football, si tu rapportes à la maison un bon bulletin scolaire, si tu as l’air joli, si tu as de l’argent, si tu gagnes … alors on t’acceptera. Le royaume de ce monde est un royaume de rejet. Le royaume de Dieu est un royaume d’amour inconditionnel.

Les promesses de Dieu sont conditionnelles ; nous devons lui obéir pour être bénis, mais son amour est inconditionnel. Vous n’avez pas besoin d’attendre pour faire l’expérience de l’amour de Dieu. Venez à lui tel(le) que vous êtes. Soyez simplement honnête avec lui en ce qui concerne votre péché. Il prend plaisir au pardon. Même dans les profondeurs de votre rébellion passée, il n’a cessé de vous aimer. Et même les jugements de Dieu sont motivés par son amour.
Un bon nombre d’entre vous a une véritable incapacité à recevoir l’amour et l’approbation de Dieu. Vous êtes pris(e) au piège d’une relation d’esclave à maître avec le dieu dur de votre imagination. Une véritable relation d’amour implique que l’amour soit donné et qu’il soit reçu. Il y a un soir que je n’oublierai jamais, le soir où j’ai demandé ma femme, Julie, en mariage. Je l’ai embrassée et lui ai demandé de m’épouser. Et que se serait –il passé si elle m’avait répondu :  « je laverai tes chaussettes, je laverai ta voiture et taperai tes lettres ». Je n’avais pas envie d’entendre ce genre de choses ! Je voulais une réponse qui corresponde à mes sentiments d’amour pour elle. Je voulais avoir l’assurance qu’elle ressentait pour moi la même chose que j’éprouvais pour elle.

Quelle est votre réaction envers Dieu lorsqu’il vous dit simplement qu’il vous aime ? Pouvez-vous «arrêter et reconnaître qu’il est Dieu » (Psaumes 46/11) sans vous précipiter dans des activités frénétiques pour conquérir son approbation ?

L’une des images les plus grandioses de paix humaine et de contentement que je connaisse est celle d’un bébé endormi dans les bras de sa mère après avoir été allaité. L’enfant ne se plaint plus, ne demande plus rien, mais se repose au creux des bras aimants. Généralement, c’est un profond et doux soupir de contentement qui répond au son d’une berceuse chantée par une mère comme celle-ci. Le prophète Sophonie a décrit ce genre d’émotion qui anime le cœur de Dieu : « Il fera de toi sa plus grande joie, il gardera le silence dans son amour pour toi ; il aura pour toi une triomphante allégresse » (Sophonie 3/17)

Ne soyez pas agité(e) dans la présence de Dieu. Corrie Ten Boom avait un conseil simple à offrir à la génération actuelle. Elle qui avait fait l’expérience des camps de la mort sous le régime nazi et avait connu une grande victoire spirituelle, avait dit à mes amis et à moi-même : « ne te débats pas, …blottis-toi ! » Quelle vérité profonde et simple !

Dieu vous aime déjà. Vous avez dû faire des exploits et rivaliser avec les autres toute votre vie. Même quand vous étiez bébé, vous avez été comparé(e) à d’autres bébés. Les gens ont dit que vous étiez trop gros(se) ou trop maigre ou que vous aviez le nez de votre mère ou les jambes de votre père, mais Dieu, lui, s’est toujours réjoui de ce qu’il y a d’unique en vous, et il continue de le faire. C’est quand vous vous immergez dans l’amour de votre Père que vous incitez Dieu à «garder le silence dans son amour et à faire de vous sa plus grande joie ».

Oui, bien sûr, il reste encore beaucoup à faire dans votre vie et à travers votre vie. Il y aura des jours où Dieu vous conduira à une profonde conviction de péché et vous montrera des domaines de votre vie qui doivent encore changer, qui doivent lui être remis et soumis. Mais Dieu n’est pas toujours là à exiger des changements. Il connaît nos limites et nous donne la grâce et le pouvoir d’accomplir les choses qu’il nous demande de faire. Il est tendre et compatissant. La plupart du temps, il se contente de dire «je t’aime » et de prononcer tendrement votre prénom.

Pourquoi nous avons du mal à venir à sa rencontre   

Pour résumer, nous avons souvent du mal à venir à sa rencontre et avoir un cœur réceptif à tout ce caractère.

D’abord pour être réceptif, il faut reconnaître en nous nos qualités de réceptivité. Dieu dans son initiative à nous rencontrer, a cette volonté à développer envers nous son côté masculin, et nous face à lui, nous sommes tous féminins.

Nous n’atteignons pas Dieu par nos propres efforts religieux, mais nous répondons à son initiative.

La faculté de l’âme qui reçoit du Seigneur et des autres, est la composante féminine de la spiritualité et de la personnalité. Cela est valable pour les hommes comme pour les femmes. Les femmes ont cependant plus facilement cette qualité, alors que les hommes sont plus analytiques, cherchant à s’informer. Les femmes, elles, cherchent à entrer en relation. (penser à Marie)

Cependant notre culture occidentale et particulièrement française, nous pousse à valoriser davantage les modes de connaissance rationnelle et intellectuelle que les modes de connaissance féminin et réceptif. Cette capacité se trouve souvent sous-développée en nous. Et le résultat de ce déséquilibre est que notre processus de pensée risque de bloquer notre capacité à être simplement dans la présence de Dieu.

De plus, notre culture chrétienne, fait passer le faire avant l’être. Notre valeur est liée presque exclusivement à notre productivité personnelle et non à la qualité de nos relations. Résultat, nous avons cessé d’être l’épouse du Seigneur qui répond à son initiative et se tient près de lui pour recevoir, et nous nous démenons comme des ménagères maniaques. Nous faisons pour lui au lieu d’être en lui.

Un autre handicap pour recevoir Dieu se situe à un niveau très profond. C’est la maman qui, très tôt dans l’enfance, communique à l’enfant son caractère féminin et la profondeur du vrai féminin. Une cassure dans la relation avec la mère, peut porter atteinte à notre capacité d’être et de recevoir, tant spirituellement que socialement.

La blessure de la mère  

Dieu est un père qui nous poursuit par son amour. Il est à la fois Père et Mère, car dans son caractère sont révélés des atouts masculins et féminins.

Le cœur de mère de notre Dieu nous est révélé dans Esaïe 66 /12 : Vous serez allaités, vous serez portés sur les bras, et caressés sur les genoux, comme un homme que sa mère console, ainsi je vous consolerai.

Si le Père nous poursuit, nous avons cependant de la peine souvent à répondre tant nos cœurs sont fermés et froids.
Une des raisons peut-être de cette difficulté peut venir du fait que nous n’avons pas reçu ce que nous aurions dû recevoir dès notre petite enfance, ce sentiment d’être communiqué par la maman.

Ce sentiment d’être, d’exister, de bien être est pour nous une profonde assurance d’être aimé, d’être accepté, ce qui nous communique estime de soi et valeur. Ce sentiment est communiqué essentiellement dans les premières années de la vie, dans les trois premières disait-on, mais on sait aujourd’hui que cette relation naît déjà dans le sein maternel.
Ce sens de l’être est communiqué par une maman en bonne santé émotionnelle et psychologique, par

le toucher,

le bercement,

l’allaitement. (Dans l’allaitement, l’enfant se sent rassasié),

la voix,

les yeux qui sont comme un cordon ombilical entre la mère et l’enfant.

Un bébé ne peut exister seul, il fait partie d’une relation. Cette relation éveille son âme en le rassurant comme s’il était un prolongement d’elle-même. Cependant quand la maman a établit un cercle, il n’est pas souhaitable d’y rester toute sa vie. On connaît tous des adultes restés sous la domination, la possession de la maman. Le papa a pour rôle dans l’adolescence d’isoler l’enfant de sa mère en le confirmant dans son identité de genre.

La relation à la maman permet de construire une maison intérieure dans laquelle on se sent bien. Beaucoup n’ont pas de foyer intérieur et à partir duquel on peut avoir des relations avec les autres. (ces relations impliquent de sortir de soi pour aller vers l’autre avec ce que l’on a à l’intérieur, et aussi ramener de la relation avec les autres, des éléments pour soi)

Psaumes 131/2 «loin de là, j’ai l’âme calme et tranquille, comme un enfant sevré qui est auprès de sa mère ; j’ai l’âme comme un enfant sevré. »

Certains événements peuvent briser ce sens de l’être ou font qu’on ne l’a jamais reçu.

Ce peut être :

une maman malade à la naissance (rupture dans la relation)

la négligence quand on vous a laissé pleurer les couches sales

la négligence de ne pas donner de nourriture

une maman triste, déprimée

une maman qui décède

une maman qui abandonne (abîme intérieur, vide émotionnel cf. les orphelinats de Roumanie)

l’hospitalisation du bébé (cf. les transferts de nouveaux-nés qui créent insécurité, confusion, dans un monde d’adulte médicalisé)

une famille nombreuse, avec des enfants ayant peu d’écart, des jumeaux

Nous pouvons avoir une démarche de pardon vis à vis de nos parents qui nous ont souvent donné ce qu’ils pouvaient en fonction de leurs propres blessures, mais

pour remédier à ces manques, on a pu mettre en place différents mécanismes de défense :

le rejet

la dépression

l’angoisse, l’anxiété

la masturbation (bébé, l’anxiété descend dans les organes génitaux et ce geste peut devenir compulsif une fois adulte)

les tendances lesbiennes

les relations de dépendance

le détachement excessif

l’attachement excessif aux objets ou animaux

Jésus a connu ces abandons, il peut s’identifier à nous, à notre angoisse de non-être, notre sens d’abandon.

Lui qui a crié: "Père, pourquoi, m’as-tu abandonné?" peut se joindre à notre cri: 'Maman, Maman, pourquoi m’a tu abandonné?". Le Seigneur ne s’adresse pas à nos intelligences mais à nos cœurs.

Dans l’intimité avec Moïse, Dieu lui a révélé : « Je suis celui qui suis ». Il est l’être qui communique l’être.

De Jésus il dit : «  Voici mon fils qui était mort est revenu à la vie » et le Père nous appelle, nous dit : Viens à la vie. Le père ne fait pas attention à ce qui t’a souillé, il veut juste entrer en relation avec toi pour laisser couler en toi l’abondance de vie, la puissance du printemps de la résurrection . Le bon plan de Dieu pour toi c’est l’appel à la vie afin que tu existes.

Laure Jullien.