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SARDES (Apocalypse 3 : 1-6)

Identité

L’Eglise de Sardes (Cf. sardoine, pierre précieuse de l’Antiquité) symbolise les Eglises issues de la Réforme du 16ème siècle (Luthériens, calvinistes ou réformés, anglicans). Sardes fut longtemps la principale cité  du Royaume de Lydie. Elle fut tour à tour conquise par Cyrus, roi de Perse (VI ème siècle av. J.-C.) et Alexandre le Grand (IVème siècle av. J.- C). Les assaillants prirent la ville grâce à l’inattention des défenseurs qui furent chaque fois vaincus par surprise. Sardes était la ville de Crésus, le roi riche,  située sur le fleuve Pactole contenant des paillettes d’or et qui ont largement contribué à la richesse initiale de cette ville. Quand elle tomba sous domination romaine la splendeur et le luxe furent suivies du déclin et de l’assoupissement. Dans les églises de la Réforme, il y eut toujours un « reste » de croyants (v.2) qui demeurèrent et qui demeurent fidèles et vivants, revêtus de vêtements blancs (=doctrine de la justification par la foi seule Ephésiens 2 : 8 ; Tite 3 : 5, Bible comme seule référence de foi et la doctrine de la grâce). Mais le libéralisme, semblant donner un aspect de vie par le modernisme et l’intellectualisme, caractéristique principale de ces églises, n’est en réalité que la mort (v.1c ; cf. aussi la robe noire des pasteurs et souvent la pauvreté et la sécheresse du déroulement des cultes protestants).

Qualités

Les églises de la Réforme furent porteuses d’un mouvement de réveil extraordinaire au 16ème siècle. Jésus-Christ, Celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles, a suscité ce réveil qui, à cette époque, vivait une plénitude de liberté spirituelle (vêtements blancs ; sept - plénitude - esprits de Dieu), de délivrance par rapport aux « indulgences » et à l’oppression de l’Eglise Catholique Romaine de l’époque. Les sept étoiles représentent les ministères (=anges Apocalypse 1 : 20b), les Réformateurs (= Apôtres – Prophètes) suscités par Dieu et qui brisèrent l’absolutisme mondial du système papal. Sardes ou les églises de la Réforme furent riches au niveau spirituel et au niveau de l’enseignement. Durant les siècles suivant, elles provoquèrent de surcroît la richesse matérielle dans les pays où elles purent se développer (Suisse, Suède, Norvège, Danemark, Finlande, Pays-Bas, Allemagne, Angleterre, Etats-Unis, Canada).

 La Bible remise en valeur et mise entre les mains du peuple grâce aux traductions en langue populaire, fut un des aspects essentiels de ce réveil.

Reproches

« Rappelle-toi donc comment tu as reçu et entendu ( réveil du 16ème siècle) et GARDE et REPENS-TOI. Si tu ne VEILLES pas, je viendrai comme un voleur et tu ne sauras pas à quelle heure je viendrai sur toi. » (V.3). Ce verset confirme l’identité de cette église dont nous connaissons l’histoire actuellement.

MAIS l’inattention, le fait de ne pas garder et de ne pas veiller, engendra la « prise de la ville de Sardes», la perte de la plupart des richesses initiales. Le sommeil et l’affaiblissement spirituel et/ou la mort que nous appellerons « libéralisme humaniste » et « intellectualisme » ont largement fait leur œuvre de destruction de la foi. Ces enseignements annulent la foi qui n’est justement pas le fruit d’une réflexion même belle et humaniste mais d’une révélation et d’une nouvelle naissance ou conversion authentique. L’annulation de la justification par la foi en Jésus-Christ entraîne la mort éternelle, c’est à dire que ceux qui n’ont pas cette foi ne sont pas inscrits dans le Livre de Vie (v.5b) et seront très désagréablement surpris quand Jésus reviendra « comme un voleur ». Le bon départ de la Réforme était comme une œuvre restée inachevée : « Je n’ai pas trouvé tes œuvres parfaites » (V.2b).  Le protestantisme ayant à juste titre insisté sur la foi et la grâce (Ephésiens 2 : 4 – 9), n’a pas su enseigner la sanctification ou les œuvres, conséquences de la foi ( Ephésiens 2 : 10 ; Hébreux 12 : 14 ; Jacques 2 : 26).

La  Promesse  aux  Vainqueurs de l’Honneur et de la Dignité.

Celui qui vaincra sera revêtu ainsi de vêtements blancs ; je n’effacerai point son nom du livre de vie et je confesserai son nom devant mon Père. »

Le  Vêtement du Salut et de la Sanctification:

Le vêtement blanc représente la justification par la foi et la grâce en Jésus-Christ ainsi que la nouvelle naissance d’après la parabole des noces (l’habit de noces signifie avoir revêtu un habit neuf, beau pour le mariage où l’on passe de l’état de « pauvre » des chemins et des carrefours à l’état de « riche » dans la salle de noces, de « célibataire » à l’état de « mariée » avec le « Fils » du Roi – Gare à celui qui n’a pas revêtu ce vêtement ! v.11-14. Matthieu 22 : 2-14). Le vêtement blanc convie à la fête, la fête des grandes retrouvailles dans la gloire, aux noces de l’Agneau. Il est possible en outre de penser légitimement à la notion d’intimité entre la mariée et le Fils du Roi !

Jésus-Christ Lui-même est aussi « vêtement » par Lequel nous sommes sauvés et justifiés mais en même temps suit la sanctification c’est à dire l’abandon du péché : « …revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ et n’ayez pas soin de la chair pour en satisfaire les convoitises » Romains 13 : 14.

Le vêtement est aussi ce qu’on voit de l’extérieur c’est à dire la sanctification, le comportement ou les œuvres. (Romains 12 : 3 ; Ephésiens 4 : 24 : « …revêtir l’homme nouveau créé selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité »  ;  Lévitique 16 : 3-4ss ).

Ici, il s’agit du nom, c’est à dire de la personnalité, de l’identité EN Jésus-Christ. Elle est inscrite dans les « registres  célestes ». Quand nous portons le vêtement blanc nous sommes considérés comme dignes aux yeux du Dieu pur, parfait et saint, c’est à dire que nous sommes sauvés pour l’éternité, ce qui est bien entendu de loin le plus important.

Le vêtement d’Humilité, de Dignité, d’Honneur et de Gloire.

 « Cependant tu as à Sardes quelques hommes qui n’ont pas souillé leurs vêtements ; ils marcheront avec moi en vêtements blancs parce qu’ils en sont dignes » v.4

En Matthieu 22 : 8, dans le récit de la parabole des noces,  il est écrit : « Alors il (le roi) dit à ses serviteurs : les noces sont prêtes ; mais les conviés n’en étaient pas DIGNES. Allez donc dans les carrefours… ». Digne : axios en grec, signifie : « avoir du poids, de la valeur, de grande valeur, qui en vaut la peine ». Ce terme est employé pour Jésus en Apocalypse 4 : 11 et 5 : 2-9. Porter le vêtement blanc c’est vivre dans la pureté suite à la justification, c’est à dire ne pas souiller son vêtement, résister au libéralisme humaniste qui met de côté la justification par la foi seule. Cela signifie risquer de souffrir, paraître ridicule, « intolérant », « étroit »… 

Une personnalité (« nom ») digne est « une personnalité de poids» (qui est le contraire de la légèreté), on parle « d’une personne de valeur/valable » (qui est le contraire d’un vaurien) que l’on remarque par sa profondeur (qui est le contraire de la superficialité).

La pureté, la sagesse, la capacité de souffrir, les « entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience » sont à la base d’une personnalité valable. Il faut que cela se situe au niveau des entrailles (en grec : splangkna signifie aussi cœur, âme, sein de la mère, ce qui est au plus profond de la personnalité de l’être humain ;  Colossiens 3 : 12 : « Ainsi donc, comme les élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience »).

La façon dont est présenté Jésus-Christ ici complète la nature et le contenu de la promesse faite aux vainqueurs de cette lettre :

Jésus-Christ, « Celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles », MARCHE AVEC ces personnes vêtues d’un vêtement blanc et qui sont dignes. En fait Jésus en marchant avec ces vainqueurs (marqués jusque dans leurs entrailles = « tripes », revêtus du vêtement blanc, dignes) accorde des ministères ( sept étoiles = apôtres, envoyés, anges = ministères complets = réformateurs) d’autorité et de puissance (sept esprits de Dieu c’est à dire la manifestation du Saint-Esprit dans toute Sa puissance) dans une plénitude totale (sept : chiffre de la plénitude et de la perfection – cf. Chandelier illustrant le ministère du Saint Esprit).

Le concept hébreux « KABOD » (= poids, honneur, gloire) ainsi que le concept grec « timè » (= poids, honneur, dignité)  illustrent passablement ce que Jésus veut accorder aux vainqueurs revêtus du vêtement blanc dans cette promesse.

1 Timothée 1 : 17 illustre passablement notre propos : « Que les anciens (apôtres de base, ministères)  qui dirigent bien soient jugés DIGNES (= axios ; axioustosan ) d’un double HONNEUR (= timè), surtout ceux qui travaillent à la prédication et à l’enseignement. » ( lire également 2 Timothée 2 : 21 ; Romains 2 : 7 ; Proverbes 29 : 23).

1 Pierre 1 : 7 : « …afin que l’épreuve de votre foi (qui engendre l’humilité), plus précieuse que l’or périssable (qui cependant est éprouvé par le feu), ait pour résultat la louange et la gloire (= doxa) et l’honneur ( = timè) dans la révélation de Jésus-Christ (en apocalupsei Ièsou Christou). » La foi à l’épreuve (Apocalypse 1 : 9) engendre la gloire et l’honneur (Apocalypse 3 : 4-5 + 12 + 21) dans la révélation de Jésus-Christ glorifié (Apocalypse 1 : 1+10ss ; 3 : 20).

Jésus marchera avec ces personnes HUMBLES, DIGNES, REVETUES (cf. aussi revêtement, METAMORPHOSE : feu et de lumière, d’humilité, d’incorruptibilité, d’immortalité et de gloire – promesses aux Eglises d’Ephèse, de Pergame, de Philadelphie et de Laodicée) et confessera leur nom devant Son Père, bref Il les HONORERA  comme on « honore » en quelque sorte un chef d’état en visite officielle !

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