|
|
Marc 7 : 28-29 Sans doute, Seigneur, reprit-elle, mais les petits chiens, qui sont sous la table, mangent les miettes que laissent tomber les enfants. Et Jésus de répondre: -A cause de cette parole, va, retourne chez toi, le démon vient de sortir de ta fille. (Version Le Semeur) Voilà encore une bonne histoire ! J’aime la Bible parce qu’elle est une histoire simple qui me touche en profondeur par sa sagesse. Je dois garder cet amour de ma grand-mère qui me lisait, me racontait cette parole vivante, avant que je ne sache lire, tout en gardant ses chèvres ; et de mon passé Cévenol ancré sur ce rocher incontournable. La Bible Parole de Dieu s’écoute, se révèle pour celui qui a soif et faim de Jésus. Une femme exclue. Une femme grecque témoignage d’un générique facile indiquant avec force qu’elle n’était pas Juive. Une femme qui n’avait pas une identité solide ; de nos jours nous dirions qu’elle est métis, qu’elle est une étrangère de deuxième génération. Elle est peut-être une réfugiée en situation irrégulière. Une fois de plus nous voyons une situation qui va devenir un exemple peut-être un peu corrosif voire caustique. J’aime ces histoires qui viennent ronger en moi mes mécanismes de défenses, qui viennent brûler mes barrières de séparations. Ces indications relationnelles sont des forteresses qui me jouent de vilains tours car elles mettent le trouble dans mon système de communications au niveau horizontal (mon prochain) et vertical (Dieu). Cette femme, malgré son handicap due à ses normes de vie qui lui sont imposées par les circonstances de son statut, est une bonne mère. Elle prend soin de sa fille. Il est toujours bon de voir que les mamans vivant dans les bidonvilles ou dans les zones de parcages, sont attachées à leurs enfants (bien souvent ces enfants ne sont pas désirés ou issus du viol, de la promiscuité). Qu’à cela ne tiennent ; elles passent une grande partie de la journée à leur assurer une nourriture vitale, des soins, de l’eau… Je me souviens d’une maman qui tenait un bébé de quelques semaines sur sa poitrine sèche. Elle mâchonnait un peu de canne à sucre pour que son enfant puisse téter ce jus sucré ; ou cette autre essayant d’alimenter le sien avec un jus de carottes et de betteraves rouges. L’énergie du désespoir pousse de telles femmes à se dépasser et à nous dépasser devant la présence de Dieu. Cette femme métis connaît la richesse qu’il y a en Jésus : son témoignage, au travers des miracles, l’avait précédé dans cette contrée. Jésus voulait être incognito et pourtant elle va oser aller vers Lui, elle va oser à le pousser dans ces derniers retranchements. Elle exprime ainsi son désir de vivre : « il y a tellement de richesses en Toi, tellement de possibilités que je les veux…même si je dois manger les miettes » ! Le mot Syro Phénicienne veut dire d’après le dictionnaire Biblique « palmier élevé ». Quand je rencontre Jésus, Il m’élève dans ses bras, comme un père est fier de montrer son fils premier né (en tout cas moi je l’étais). Le palmier est le symbole de l’immortalité ; je ne suis pas immortel mais j’ai l’assurance de la vie éternelle dans les bras de Jésus, véritable palmier au milieu de notre désert. Est-ce que je suis riche de Jésus ? Est-ce que les exclus viennent vers moi ? Est-ce que mon témoignage me précède ou bien suis-je obligé de vivre sur mon passé, bien souvent sur celui des autres ? Je dois avouer que je suis arrivé au bout de moi-même, au bout de ce que je sais faire, au bout de mes possibilités. Cela est bon pour moi. Jésus peut ainsi manifester toute Sa Gloire : « C’est bon Jean-Paul, j’ai vu ton ministère, tes efforts, tes programmes, ton désir de me suivre…Maintenant tu vas pouvoir admirer le mien ! » Oui Jésus passe devant moi. Oui Jésus je veux répondre à ton cœur… Ne pas tenir compte de mes désirs mais des Tiens. Je ne veux plus de l’instantanéité humaine mais la valeur que je trouve dans ton cœur ! ■ Jean-Paul BOUTONNET
|