INTRODUCTION :

Une histoire étrange nous est racontée dans le livre de Job où nous est relatée une conversation entre Dieu et Satan. Ce dernier comme accusateur, comme celui qui soupçonne le mal et veut  la destruction des êtres humains, met Dieu au défi par rapport à l’intégrité de Job. Dieu permettra une mise à l’épreuve terrible de Job qui restera fidèle dans ses propos et son attitude envers Dieu malgré les souffrances atroces infligées. (Job 1 et 2 et suivants). Il se trouve qu’en Apocalypse 12 : 10 nous lisons : « Et j’entendis dans le ciel une voix forte qui disait : maintenant le salut est arrivé, et la puissance, et le règne de notre Dieu et l’autorité de son Christ ; car il a été précipité, l’accusateur de nos frères,  celui qui les accusaient devant notre Dieu jour et nuit. »

1. La réalité juridique de l’être humain depuis la chute :  

Depuis la chute, c’est à dire le péché qui a entraîné la déchéance spirituelle, psychique et physique de l’être humain, le Serpent, le Diable, Satan accuse les hommes constamment devant le trône de Dieu pour les tenter et les faire pécher, souffrir et finalement les faire aboutir en enfer hors de la présence de Dieu. Les différents modes de mise en pratique et de vécu des alliances de l’Ancien Testament puis celles du Nouveau Testament ne trouvant leur légitimité que dans le sacrifice parfait de Jésus-Christ (cf. Hébreux 10) ont un premier but : la justification, le rachat du péché, autrement dit un « non lieu juridique ». Jésus a pris la place des pécheurs qui croient en Lui (Romains 3 : 25-28) et a subit les conséquences du péché (Romains 6 :10) par les souffrances de la croix pour qu’ils puissent être sauvés de la malédiction et de l’enfer.

Jésus est monté au ciel à l’Ascension et Il siège effectivement à la « droite de Dieu » (Marc 16 :19). On pourrait alors dire que tout est fini, qu’il n’y a plus de problème. En effet le prix est  payé, la justification (Romains 8 :34) est effective, Christ règne en gloire et tous ceux qui se confient en Lui sont sauvés pour l’éternité notamment après leur mort : « Tout est accompli » (Jean 19 :30). En effet tout est accompli juridiquement.

2. La réalité du vécu de l’Église après tous ces événements :

Si le vécu et les expériences de l’Église dans les Actes des Apôtres et de très nombreux témoins à travers l’Histoire de l’Église furent exceptionnels à bien des égards (réveils, miracles, fidélité jusqu’à la mort, délivrances, « montées au ciel », œuvres d’aide et de secours aux déshérités et aux persécutés, missions, évangélisations, enseignements, églises nombreuses et puissantes etc.), il y eut et il y a toujours une triste réalité aussi dans l’Église dès Actes 5 avec Ananias et Saphira mais aussi dans les épîtres jusqu’à nos jours. Bref l’Église ressemble étrangement au peuple d’Israël et les chrétiens quant aux épreuves, aux méfaits accomplis ont pu être pires que les païens (1 Corinthiens 5 :1 par exemple). Les massacres de Juifs par exemple au nom du Christ notamment au Moyen Age, l’Inquisition, les persécutions diverses et nombreuses, les maladies, les guerres dites chrétiennes et même les scandales quant au mariage et à l’amour fraternel défectueux dans les églises dites bibliques et réveillées ne plaident pas pour un « tout est accompli » mais plutôt pour un « accompli partiel » ! Pourtant Jésus a dit « Tout est accompli ! » (Jean 19 : 30). 

3. La réalité de ce qui se passe dans les lieux célestes après l’Ascension jusqu’à aujourd’hui 

Romains 8 : 33-39 rend compte du paradoxe du « Tout est accompli » et de « L’accompli partiel » ou du « Déjà » et du « Pas encore » : « Qui accusera les élus de Dieu ? C’est Dieu qui justifie ! Qui les condamnera ? Christ est mort ; bien plus, Il est ressuscité, il est à la droite de Dieu et Il intercède pour nous ! Qui nous séparera de l’amour de Christ ? Sera-ce la tribulation ou l’angoisse ou la persécution ou la faim ou la nudité ou le péril ou l’épée ? selon qu’il est écrit : c’est à cause de toi qu’on nous met à mort tout le jour, qu’on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie. Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que Vainqueurs par celui qui nous a aimé. »

1 Jean 2 : 1 : « Mes petits enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez point. Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. »

Dans cette réalité paradoxale de l’Histoire (avec un grand « H ») du « Tout est accompli » et de « L’accompli partiel » ou du « Déjà » et du « Pas encore » nous nous rendons compte que Jésus intercède et qu’Il est notre avocat. Il le fait dans les lieux célestes devant le trône de Dieu ! C’est tout de même étonnant !

Éphésiens 6 : 12 nous dit : « Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde des ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. »

Il en résulte que non seulement Jésus après être monté au ciel, assis à la droite du Père continue le combat mais que nous aussi en tant que chrétiens nous avons à mener le combat non pas dans les lieux de la chair et du sang mais dans les lieux célestes.

Si nous reprenons Apocalypse 12 cité plus  haut, l’Ennemi est nommé « l’accusateur des frères », c’est à dire qu’il continue à accuser les « frères » (en Christ) devant Dieu après la croix, la résurrection, l’ascension et la pentecôte !!! Les « frères » en Christ n’ont existé en tant que tels qu’après ces événements !!!

Il apparaît clairement que si l’accusation subsiste et a subsisté depuis la chute (Genèse 3), l’intercession et la défense de notre bien-aimé Intercesseur

et Avocat s’exerce aussi depuis l’Ascension en faveur des croyants, de ceux qui confessent leurs péchés (1 Jean 1: 9). Le procès est toujours en cours et il y a des condamnations qui tombent ! Il suffit de lire l’histoire d’Ananias et de Saphira où la sentence fut radicale !

Apocalypse 12 : 11 démontre aussi le combat des chrétiens toujours en cours entre l’Ascension, la Pentecôte d’une part et aujourd’hui d’autre part : « Ils (frères du v.10) l’ont vaincu à cause du sang de l’Agneau et à cause de la parole de leur témoignage et ils n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort ».

1 Corinthiens 5 : 4-5 nous donne un éclairage intéressant : « Au nom du Seigneur Jésus, vous et mon esprit étant assemblés avec la puissance de notre Seigneur Jésus, qu’un tel homme soit livré à Satan pour la destruction de la chair, afin que l’esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus. » L’Église peut intervenir dans ce procès dans une certaine direction tout en étant appelée à l’intercession pour le salut du plus grand nombre (Éphésiens 6 : 19) notamment aussi dans le cadre de l’Église en vue de la guérison physique et du pardon (Jacques 5 :14 -16).   

Il reste toutefois un problème : Jésus a dit « TOUT est accompli », Il n’a pas dit « Tout s’accomplira ». C’est pourquoi il nous faut impérativement trouver la réponse et la solution car la volonté de Dieu se situe dans ce que Jésus a dit.

4. Le nécessaire passage de la réalité terrestre à la réalité céleste 

Dieu veut qui nous puissions aller dans les lieux célestes. Il est clair que nous louvoyons, perdons des batailles, sommes tenus dans l’échec parce qu’on ne sait pas, qu’on ne sens pas, qu’on ne voit pas, qu’on n’entend et qu’on ne comprend pas. Les dons spirituels et les ministères se transforment trop souvent en dons psychiques et au management seulement d’apparence spirituelle. Il faut réellement passer à la réalité céleste. 

Dieu veut que nous puissions chercher puis affectionner les choses « d’en haut » (Colossiens 3 : 1-2). Quand on cherche on finit par trouver et on ne peut aimer ou « s’affectionner » que de ce qu’on a découvert. Mais il est évident qu’il est nécessaire d’aller là où on doit être.

Jésus nous donne l’exemple : « En vérité, en vérité, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement…car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait ; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci… » Jean 5 : 19 – 20.

Actuellement certains jouent « à la devinette évangélique » ou alors règlent leurs comptes avec des frères et sœurs de l’Assemblée à coup de prophéties « psychiques » certes d’apparence biblique et spirituelle.

Cela vient du fait que seul un salut à deux pieds est prêché et compris (pour l’âme et l’esprit) alors que la Bible enseigne clairement le salut de l’être humain dans son ensemble y compris celui du corps (cf. tabouret à trois pieds qui tient). L’être humain dans son entier et notamment le corps doit être sauvé en étant métamorphosé (transfiguré, transformé) de gloire en gloire 2 Corinthiens 3 : 18. Nous sommes appelés à voir, à contempler la gloire pour être transformés et pour pouvoir passer de la réalité terrestre à la réalité céleste. Paul fut aussi ravi au troisième ciel (2 Corinthiens 12 : 2ss). Jean passa aussi dans le ciel en Apocalypse 4 : 1 après avoir été visité par Jésus glorieux avant (Apocalypse 1 :10 – 18). Il fut transformé à ce moment-là pour pouvoir passer dans la salle du trône et voir Dieu. Dans notre corps périssable nous ne pouvons vivre et voir Dieu (Exode 33 :20). Il faut donc faire ce que recommande Paul en Romains 12 : 1 : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable (logique) ». Le culte qui plaît à Dieu est le sacrifice du corps, c’est à dire qu’il soit « consumé » par le feu du St Esprit et la « ferveur d’esprit » (Romains 12 : 11b) pour laisser place à un « corps brûlant » semblable à celui de Jésus : « Tel il est, tel nous sommes dans ce monde » (1 Jean 17a). Comment Jésus est-Il actuellement ? La réponse se trouve dans Apocalypse 1 : 13-16. (Flamme de feu, airain ardent, fournaise, soleil lorsqu’il brille dans sa force). Nous sommes appelés à être comme Lui DANS CE MONDE ! 

Le contexte de ces textes implique certes les aspects psychiques, comportementaux (âme) et évidemment spirituels (esprit) mais aussi l’aspect physique (corps). Certes le corps tel qu’il est ne peut voir le Royaume de Dieu, mais métamorphosé, transfiguré (comme Jésus, Elie ou Hénoch et d’autres d’après Hébreux 11 : 11,12, 35 ; 1 Corinthiens 15 : 51ss cf. exégèse de ce texte dans le livre «L’Église de Vainqueurs » et le texte « Nouveau mode de mise en pratique et de vécu de l’Alliance biblique »). Notre foi ne doit pas simplement être orientée pour la guérison du corps (ce qui est déjà merveilleux et cela fait du bien), mais pour sa métamorphose, sa transformation, sa transfiguration en vue de la « montée » (Apocalypse 4 : 1b) et seulement plus tard en vue de l’enlèvement (Apocalypse 12 : 5b ; 1Thessaloniciens 4 :16 – 17).

Jésus est venu sur cette terre pour mourir et ressusciter et Il est revenu glorieux pour les siens pour les baptiser dans le feu et  la gloire et leur donner le repas de gloire par une Ste Cène de gloire (Apocalypse 1 : 17ss et 3 : 20 cf. le texte « Nouveau mode de mise en pratique et de vécu de l’Alliance biblique »).

C’est en fait l’explication du texte d’Éphésiens 4 : 8-10 et 14. : «… C’est pourquoi il est dit : Étant monté en haut, il a emmené des captifs et il a fait des dons aux hommes. Or que signifie : Il est monté, sinon qu’Il est aussi descendu dans les régions inférieures de la terre ? Celui qui est descendu, c’est le même qui monté au-dessus de tous les cieux afin de remplir toutes choses. …jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’hommes fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ… ».

Si quelqu’un me trouve quelqu’un à la mesure de la stature parfaite de Christ, qu’il me donne son adresse….

Pour être à la mesure de la stature parfaite de Christ il faut que le corps soit transfiguré dans le but de vraiment connaître Christ. Nous sommes des captifs prisonniers du temps, de l’espace et de la matière (ou de ce qu’on pourrait appeler le « hors paradis » où nous avons été chassés en Adam) et Jésus veut nous emmener dans les lieux célestes pour que nous puissions justement faire correctement le travail sur cette terre et vraiment relever les défis prévus par une Église de Vainqueurs qui vaincra (Apocalypse 3 :21 ; 6 : 2 et 12 : 11).

D’ailleurs comment peut-on parler de quelque chose que l’on ne connaît pas ? La Bible est la référence absolue mais comment bien l’interpréter et la comprendre si on ne connaît pas son auteur et les lieux célestes où nous sommes appelés à combattre de surcroît ? Comment parler des choses spirituelles et célestes si on ne les connaît pas, si on n’y a pas été ? Le rôle du St Esprit est de nous amener à Jésus-Christ glorifié ! C’est le premier message de ce  merveilleux livre l’Apocalypse qui veut être à la fois la révélation de la personne de Jésus-Christ glorifié et de Son message pour passer de la réalité terrestre à la réalité céleste : passage indispensable pour être dans Sa volonté parfaite et parvenir à la mesure de la stature parfaite de Christ. ...

À suivre